Boquete #1

Il se concentra sur le fracas des gouttes, imagina qu’il était une perle de pluie, qu’il fuyait avec la masse de ses sœurs vers une destination inconnue, vers un ailleurs où il n’y aurait rien d’autre que le soleil.

Il se laissait évaporer de la mer, ascension vers les nuages, où, l’anticyclone, poussant vers l’ouest rejoignait le volcan Baru, de là, il attendit avec patience que l’orage en vienne à gronder, que les vents le projettent au travers de l’air : avant de toucher le sol il contempla le village de Boquete.

Au matin, l’air embaumait la primevère, le lys, l’œillet, la rose… Et, alors que s’animaient les cueilleurs, plus bas ; les cerises d’arabica étaient regroupées en des tas instables. Seul, il embrassait d’un regard l’Océan Atlantique puis s’en allait à la mort, frappant la pente du cratère.

Le photographe néerlandais Bas Princen a photographié pour sa série « Refuge » cinq villes ( Istanbul, Beyrouth, Amman, Le Caire et Dubaï ) dans lesquelles il a cherché à décontextualiser des structures et des bâtiments en excluant leur environnement du cadre de façon à montrer comment ces villes se construisent similairement, sans penser au paysage original.

Un crane en chocolat moulé sur un vrai crane

J’ai planté des silences

J’ai planté des silences, elle ne parlait pas, je ne parlais pas. Nous étions assis, sans pour autant nous comporter comme des chiens de faïence. Je crois que nous avions besoin de calme, c’est que la fatigue aidant nous ne voulions pas tenter le moindre geste, et nous restions ainsi à nous regarder, elle, mon arc-en-ciel, moi son futur époux. Le téléphone sonnait, à chaque sonnerie il semblait engloutir un peu plus les volumes de l’appartement, il faisait chaud, la pluie allait bientôt se déverser sur le potager, et j’avais envie de me retrouver ailleurs, en Espagne, en Sicile, en Italie, là où poussent des agrumes aux teintes fauves…

La vie c’est cool comme une rivière!

benoit marie lecoin

Il pleut

Il pleut, la langue de pluie lèche les vitres, les oiseaux se blotissent dans leurs nids ; muant la ville en une cité aphone…

Vanité déchue : Life 0 / Ego 1

Sa mère aurait aimé danser sur les podiums, saluer la foule, faire virevolter une robe à frou-frou… C’est l’impossible équation : que l’enfant soit ce que nous n’avons jamais été, que nous puissions le modeler à l’image du fantasme que nous nous faisions de notre propre existence.

Le projet “Desert Realty“, du photographe américain Ed Freeman, basé à Boston, qui capture les bâtiments isolés dans les petites villes et les déserts du sud de la Californie… Motels, églises, cafés, stations essence ou restaurants, une jolie collection de constructions solitaires perdues au milieu des grands espaces américains… 

En la cathédrale de mon corps

Je n’ai pour ainsi dire pas fermé l’œil de la nuit, le sommeil m’est parfois  qu’un étranger, il ne m’étreint plus comme aux heures bénies de l’enfance. Il me délaisse ; les sensations que l’on connaît lorsque l’on clôt les paupières, cette sorte d’abandon que subit la machine, tout ceci me semble en un autre horizon. Je suis un galet oublié sur une plage, trop éloigné du bord, je ne suis pas chahuté par le ressac des vagues blanches. Comme j’aimerais rêver plus longuement en la cathédrale de mon corps. Trouver ma place dans ce lit habité par ma chère Tulipe qui, pourtant, sans dormir, me paraît infini.

Ana Teresa Barboza est une jeune artiste née à Lima, au Pérou. Elle a suivi pendant de nombreuses années des cours de patronage à l’école Mod’Art de Paris. Aujourd’hui, son travail se décline sur plusieurs séries et l’artiste donne vie à son imagination et sa créativité sans limites à travers de magnifiques broderies !

La démonstration du théorème de Ferma fut pendant longtemps : échec et math

benoit marie lecoin

Variation #1 sur l’être :

— Le bucheron est un homme de l’hêtre…

benoit marie lecoin

Au monde civil…

Kessy est sur le point de finir son café, ils ne se sont échangés que deux mots, comme s’ils devaient au monde civil toujours se tenir ainsi, faire semblant, endosser des rôles et ne rien laisser transparaître. Être lisse, sans aucune aspérité apparente. Le médecin et la laborantine. Se comporter comme deux inconnus, rester dans la distance, demeurer dans la fausseté.

Basé à Melbourne, l’artiste Jake Stollery réalise des créations digitales de portraits de femmes. Avec des projections et des scanners 3D, il montre le corps et l’identité humaine comme un paysage digital mouvant. Ses séries « Composite », « Strong I Am / Nichicahtoc » et « Merge » sont à découvrir.

À propos

Soupe dans ma cervelle ou le brouet d'un ex dyslexique espérant tutoyer la muse avec le soucis de se bonifier...

Chaque jour un nouveau texte écrit le jour même (dans son jus),
parfois une photo, parfois autre chose ...

Ou? Un pas à pas, toujours des photographies, ce qui me nourrit au quotidien, mais aussi des extraits du roman que je suis en train d'écrire, une promenade dans ce qui s'agite en moi à partager ou juste pour soi ...